Une usine est une forteresse : la petite histoire d’une date d’inauguration
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Éditeur : Alkur Kapı Sistemleri A.Ş.
Par: Reha Kurtuluş
Le jour d’ouverture d’une usine est généralement l’une des dates les plus ordinaires du calendrier : il dépend de l’arrivée des machines, de la fin des aménagements ou des possibilités du transporteur. Les portes de notre usine de Hendek se sont ouvertes le 29 octobre 2009, jour de la fête de la République en Turquie ; cette date n’a pas été choisie par la logistique, mais par la volonté.
De Tuzla à Hendek
Le parcours était familier : une première usine de 1 500 m² à Tuzla en 2004, une production qui grandit, un espace qui rétrécit. En 2009, la production a été transférée dans l’usine de 5 000 m² dont nous sommes propriétaires, dans la zone industrielle organisée de Hendek/Sakarya. Jusque-là, l’histoire ressemble à celle de n’importe quelle entreprise industrielle. La différence tient non au jour où le déménagement s’est achevé, mais au jour où l’inauguration a eu lieu : le ruban a été coupé pour l’anniversaire de la fondation de la République. Depuis, cette date accompagne, comme une note en bas de page, l’identité de chaque porte produite sur place.
Qui choisit la date ?
Faire coïncider une inauguration avec une fête nationale peut sembler, de l’extérieur, un geste symbolique. De l’intérieur, c’est une déclaration : cette usine n’est pas seulement une entreprise commerciale, elle affirme qu’il est possible de fabriquer sur ce sol. Notre fondateur Reha Kurtuluş la décrit comme un devoir hérité de la vision industrielle de la génération fondatrice : une usine est une forteresse sur la ligne de défense d’un pays, aussi longtemps qu’elle produit.
La métaphore de la forteresse ne relève pas de la rhétorique ; son sens économique est concret. Chaque produit importé représente le travail de ceux qui auraient pu le fabriquer, rémunéré à l’étranger. La mission de la forteresse est d’inverser ce flux : d’abord répondre au produit importé par une production nationale, puis vendre ce même produit à l’étranger. Que nos produits soient aujourd’hui exportés dans 57 pays constitue le bilan prolongé de la promesse faite lors de cette inauguration.
Entre slogan et conscience
Nous tenons ici à tracer une limite nette : cette position n’est pas un slogan du « national à tout prix ». Notre critère n’a jamais changé : si un produit est fabriqué correctement en Turquie, le préférer est rationnel ; s’il ne peut pas encore y être fabriqué, il est importé honnêtement jusqu’à ce que cela devienne possible. Le point où le slogan se détache de la conscience se reconnaît à une scène familière : un utilisateur publie sa protestation contre les produits importés, puis montre, dans le message suivant, une porte équipée d’un moteur importé. Protester est facile ; prendre conscience exige de lire la plaque du moteur que l’on installe. C’est pourquoi notre appel n’a pas changé depuis des années : ajouter une gamme nationale à votre portefeuille. L’essai est plus convaincant que tous les slogans réunis.
Ce que fait la forteresse aujourd’hui
L’usine de Hendek produit depuis plus de quinze ans ; sa situation actuelle est présentée sur notre site avec sa chronologie. Chaque 29 octobre, l’anniversaire de son ouverture est marqué non par un gâteau, mais par une nouvelle ligne au programme de production : c’est ainsi que les forteresses célèbrent. À notre échelle, le rêve industriel des fondateurs de la République a la taille d’une usine ; mais des rêves de cette taille, additionnés, dessinent la carte industrielle d’un pays.